La moto en hiver

Pour les conducteurs de deux-roues plus encore que pour les automobilistes, conduire en hiver n'est pas de tout repos. C'est pourquoi il est recommandé de ne vraiment pas prendre sa moto quand il neige.

Si toute fois vous vous y résignez, il faut savoir que cette période impose en effet des contraintes techniques supplémentaires, ainsi qu'une conduite adaptée afin de limiter les risques d'accident. Tour d'horizon des conseils pour optimiser la conduite de votre moto en hiver:

moto graissage

1 - Comment préparer sa moto pour rouler l'hiver ?

Le froid hivernal entraîne une détérioration des pièces les plus fragiles: capuchons d'étanchéité des bougies, bobines d'allumage, commandes aux pieds etc. Dans ces conditions, le graissage reste la meilleure solution pour éviter toute rupture d'un câble usagé ou une diminution de la précision de freinage. Ne négligez pas la chaîne, les pédales et axes des leviers.

La corrosion représente également un danger, du fait de l'humidité résiduelle dans les connexions électriques et les cosses. L'emploi d'un produit anticorrosion doit s'accompagner d'un nettoyage du bas de la moto à l'eau froide, après chaque sortie. Pour rouler en hiver, les pneus doivent présenter des sculptures suffisamment profondes, afin d'éviter l'aquaplanage sur route trempée. De même, la pression et l'usure doivent être régulièrement vérifiées (ajouter 0,20 bar en hiver sur pneus froids).

moto pression

2 - Comment adapter sa conduite en hiver ?

Une moto en parfait état contribue à réduire les risques d'accident, mais doit impérativement s'accompagner d'une conduite adaptée à l'hiver. Voici quelques conseils pour optimiser la sécurité de votre conduite hivernale. Le maître mot doit rester l'anticipation. Détecter à l'avance les tronçons dangereux ainsi que les virages serrés évite de freiner en urgence, sur une plaque de glace. La conduite hivernale se doit ainsi d'être plus "coulée" que d'habitude, pour éviter les changements de direction brusques et les accélérations violentes. Le froid -réel ou ressenti- de l'hiver n'est pas non plus à négliger (le froid ressenti augmente avec la vitesse). Après quelques dizaines de kilomètres, le conducteur d'une moto commence à ressentir un engourdissement, d'où l'importance d'un équipement approprié. Les gants d'hiver s'imposent ainsi comme des accessoires indispensables, afin d'éviter des actions brutales sur les leviers de frein et d'embrayage. En hiver, le freinage doit également intervenir le plus tôt possible, bien avant les dangers potentiels, du fait du manque d'adhérence de la chaussée.

Pensez aussi que vos pneus mettront bien plus de temps à chauffer qu'en été. Le bitume étant froid, l'adhérence ne sera pas optimum. Même après avoir chauffé vos pneus, évitez les trop grosses prises d'angle. Attaquer en hiver n'est pas vraiment pas une bonne idée.

3 - Que faire en cas de neige ?

La présence de neige sur la chaussée implique une vitesse maximale de 10km/h, lorsque la couche de neige de dépasse pas 3cm. Mieux vaut rouler dans les traces de roues des véhicules qui vous précèdent, tout en gardant les deux pieds sortis. En effet, dans ces conditions, une dérobade n'est pas à exclure, et le meilleur moyen de se rattraper reste de poser les deux pieds par terre. Pour démarrer, le deuxième rapport reste la meilleure alternative: un démarrage en première risque d'envoyer à la roue arrière un couple trop important. N'hésitez pas à conserver ce deuxième rapport tout au long du trajet, avec un régime ralenti, sans accélération ni freinage brusque. En parlant de freinage, utilisez surtout le frein arrière en cas de neige, et avec grande parcimonie. Un freinage uniquement avec le frein avant, et c'est la chute assurée.

Ces quelques conseils devraient vous permettre d'aborder la conduite hivernale avec plus de sérénité. Gardez toutefois à l'esprit que sur une route trempée ou enneigée, rien ne remplace la prudence.

Moto neige